Interview Mariam Bizness

Cette semaine, je suis allée à la rencontre de Mehdi, propriétaire et gérant des salons Mariam B, situés à Paris-Gare du Nord et Aulnay-Sous-Bois.

Il m'a accueillie dans son superbe salon de Gare du Nord, et nous avons pu échanger sur son parcours !

  • Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

    J’ai commencé à vendre mes produits main à main aux jeunes femmes de mon quartier. Et ça marchait plutôt bien, puisque j’avais des clientes qui venaient d’autres villes juste pour acheter mes mèches. J’ai même dû trouver un local, à la gare d’Aulnay, où j’ai ajouté un service de coiffure en plus de la vente de mèches, et c’est de là que c’est parti. J’avais de plus en plus de monde, du coup, j’ai ouvert un autre salon à Gare du Nord, et un à Château d’Eau (ndlr, le salon de Château d'Eau a fermé puisque la clientèle était la même que celle de Gare du Nord).

  • Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans le marché des mèches ?

    J’étais un peu touche-à-tout, et un jour les mèches sont venues à moi un peu par hasard, quand ce n’était pas encore très répandu. J’ai vu que ça prenait bien, du coup j’ai continué.

  • Pourquoi le nom Mariam B ?

    Dès que j’ai commencé à vendre les mèches, j’ai créé un compte Facebook, parce que tout se passait par là. Et à l’époque, Facebook n’acceptait que les vrais noms, qu’on pouvait changer par la suite par un nom de commerce. J’étais parti sur un nom classique au début, type «Tissages Brésiliens», quelque chose de simple ! Et par pur hasard, j’ai mis Mariam Traoré. Je l’ai changé par la suite par le nom que je voulais au début, mais je voyais que ça ne marchait pas. «Mariam Tissages» ? Toujours pas. J’ai testé «Mariam Bizness», j’ai vu que ça fonctionnait bien : au bout de quelques mois, j’ai vu les followers monter en flèche. C’était trop tard pour changer, du coup, c’est resté «Mariam Bizness», ou «Mariam B».

    Le fait que je sois un homme, pas un coiffeur, et même pas noir en plus, ça a vraiment donné de l’originalité à ma marque.

  • À l’heure de la tendance Nappy et du retour au naturel, avez-vous vu un changement au niveau de votre clientèle ?

    J’ai remarqué que de plus en plus de clientes me demandaient des produits pour la repousse des cheveux, j’ai beaucoup de demandes de perruques pour celles qui n’osent pas montrer leurs cheveux naturels, et qui veulent les laisser reposer sans faire de tissage.
    Je vois aussi beaucoup de clientes avec des cheveux magnifiques qui viennent m’acheter des mèches. Quand je les vois, je reste honnête avec elle, et je leur dis qu’elles n’ont pas besoin de ces artifices, que d’autres femmes se battraient pour avoir les cheveux qu’elles ont ! Ça fait peut-être une cliente en moins, mais elle repart avec le sourire, et elle parlera de moi à ses amies qui ont besoin d’une coiffure !

  • Vous n’avez pas peur de voir le marché du tissage disparaître ?

    Non, du tout ! Même si il y aura toujours des femmes qui portent leurs cheveux naturels, il y aura aussi toujours des femmes qui portent des tissages, et avec la tendance des Lace Wigs en ce moment, je ne me fais pas de souci !

  • Quelqu’un qui vous a inspiré dans la construction de Mariam B ?

    Je n’ai personne en tête, mais, en terme de business, je pense que c’est un don d’être bon en affaires. Après, je ne pensais pas devenir mon propre patron. J’ai toujours été un businessman, mais je ne me serais jamais imaginé avoir mes employés, et gérer une affaire comme celle-ci.

  • Qu’est-ce que vous pensez de la digitalisation de la coiffure afro et d'applications comme Ma Coiffeuse Afro ?

    Je trouve ça bien, c’est rassurant de pouvoir avoir un avis sur une coiffeuse, et en plus qu’elle puisse venir à domicile, c'est bien pratique pour celles qui ne peuvent ou ne veulent pas se déplacer !

  • LA coupe de 2017 ?

    Cette année, on reste encore dans le classique du carré plongeant, mais toujours avec des Lace Wigs !

  • Quels sont vos projets pour le futur ?

    Je continue d’améliorer mes salons, mon accueil, je pense agrandir mes services pour proposer de l’onglerie. Je pense ouvrir encore d’autres salons, même jusqu’à aller à l’étranger, mais je ne le ferai pas tant que mes deux salons ne seront pas bien implantés !

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    Toutes les photos viennent de la page Facebook Mariam B

Encore un grand merci à Mehdi de m'avoir accordé un peu de temps et d'avoir partagé son parcours avec moi ! Vous pouvez le retrouver sur la page Facebook Mariam B, sur Instagram, ou directement dans ses deux salons à Aulnay Sous Bois et à Gare Du Nord !

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